Périphériques de la misère…

Pour qui a l’occasion de passer par les périphériques de la capitale ou des grandes villes, il est des instants furtifs où l’œil n’accroche que trop rapidement ce qui devient, hélas, une banalité du paysage urbain : la cohorte des miséreux se massant le long des voies rapides en des abris de fortune.
Et qui ne cesse de grossir au fil des mois qui passent !
Aboutissement d’un voyage fait d’espérances et d’avenirs radieux au départ, la réalité qui attend nombre de ces personnes et familles, la plupart du temps d’origines étrangères, n’est plus qu’une immense impasse dans laquelle viennent s’entasser toutes les désillusions et les ingrédients de la misère.
Cette période de campagne électorale dont il est de bon ton de dénoncer l’ennui qui nous occuperait doit être le moment privilégié de prendre la mesure de nos potentiels, de mettre en évidence nos insuffisances mais aussi de vivre pleinement le débat démocratique.
Un pays mesure sa grandeur dans sa capacité à faire en sorte que chaque citoyen puisse trouver sa place dans une société où le vivre ensemble se conjugue avec le progrès économique et social.
Quelle relation peut-on faire raisonnablement entre ces périphériques de la relégation et les marchés financiers. A priori aucune si ce n’est que l’un est sûrement le pendant social de l’autre et que la résorption du premier passera inéluctablement par des réformes profondes et durables du second. Faute de quoi il y a tout lieu de penser que c’est bien la misère qui sera durable et un grand pays comme le nôtre ne saurait s’en accommoder sans renier les principes républicains qui le fondent.
Les corps intermédiaires à l’instar des associations ne peuvent faire l’objet de stigmatisation ! Ils sont les indispensables vigies de l’état de santé de notre société. Leur disparition entrainerait notre corps social dans un chaos dont il ne se relèverait pas.
Personne n’y gagnerait et moins encore les destins de l’infortune qui peuplent nos périphériques pour qui les associations sont la petite lueur d’espoir d’une vie meilleure.