De la République et de la citoyenneté…

A n’en pas douter les turbulences que traverse notre République en ces temps récents traduisent non seulement une crise économique qui disloque un peu plus chaque jour notre cohésion sociale mais elles viennent surtout révéler le divorce de plus en plus profond entre les citoyens et la démocratie représentative.
Nos institutions ne seraient-elles désormais plus fiables ? Ou doit-on dire qu’elles nécessitent d’être modernisées pour prendre en compte les aspirations légitimes d’un corps social passablement déboussolé par les effets d’une crise dont il ne voit pas l’issue…
Pour autant, cette situation ne peut nous faire céder aux sirènes des amalgames faciles ou au rejet simpliste de nos institutions. En période d’incertitudes les démagogues ont toujours beau jeu de s’ériger en gardien du temple. On sait ce qu’il en est advenu dans l’histoire…
Plus au-delà s’il n’est guère envisageable que la rue gouverne la chose publique, il est venu le temps de reconsidérer le lien fondateur entre le citoyen et la démocratie représentative pour des institutions plus proches du quotidien du citoyen. Est-ce encore possible dans une période où le politique est si mis à mal ?
Certes oui ! A condition que chacun puisse se reconnaître dans un lien de confiance avec la démocratie représentative fait d’écoute attentive pour des décisions éclairées. Tout manquement crée les conditions d’une défiance avec le risque d’un désenchantement du citoyen.
Il en est de la relation subtile et complexe à la démocratie comme dans le management de nos organisations.
L’autorité du dirigeant est davantage une question de compétence que d’affirmation réitérée du statut. Le lien de confiance, de crédibilité entre les personnels et le dirigeant est en premier lieu une affaire de qualité de la relation, c’est-à-dire à la fois savoir donner une orientation clairement explicitée, prendre les décisions qui en bordent le chemin sans faiblesse, fixer les étapes fussent-elles difficiles à franchir à l’instar des évolutions actuelles en matière de Politiques publiques.
Qu’un dirigeant s’éloigne par trop des préoccupations des opérationnels de terrain au nom d’une rationalisation purement technocratique et l’organisation n’aura de finalité que de se reproduire à l’envi engendrant au fil du temps une incapacité à innover ou être en phase avec les besoins des personnes accueillies.
Il y a quelque chose de cet ordre dans la période de forte houle que nous connaissons aujourd’hui.
Gageons tout de même que la démocratie dont nous demeurons les contributeurs vigilants saura surmonter ces vents contraires.
Les Associations, comme corps intermédiaires éminents ont leur mot à dire dans cette clarification indispensable de nos institutions. Moissons Nouvelles entend y tenir son rôle.
Le Président
Francis BOUTEN