Mai 2014
Joli mois de Mai…

Une étude récente conduite par un inspecteur général de l’Education Nationale met en lumière l’inquiétante progression des incivilités à l’école tant des élèves que des parents eux-mêmes.
Une nouvelle fois les valeurs citoyennes fondées sur le respect de l’autre qui sont le socle de notre pacte républicain sont en recul. Défiance voire violence sont trop souvent au rendez-vous des relations sociales et l’école n’échappe pas à cette spirale préoccupante. Tout au contraire exprime-t-elle bien malgré elle les spasmes d’une société en quête d’un grand récit collectif aujourd’hui trop absent.
Dans un contexte où l’avenir est incertain, chacun est renvoyé à lui-même avec ses compétences mais aussi ses failles, ses échecs sans que le lien social indispensable aujourd’hui altéré ne puisse en apaiser les brûlures et offrir des perspectives positives pour bon nombre de nos concitoyens.
Il en est de même dans nos établissements où le déclassement social et économique des publics accueillis conduit certains d’entre eux à ne plus exprimer leur désarroi qu’au travers de passages à l’acte d’autant plus violents que les codes sociaux habituels sont absents depuis fort longtemps. Peut-on s’en étonner quand on sait les parcours chaotiques et les fêlures qui ont précédé ?
Doit-on pour autant se résigner où s’enfermer dans une vision nostalgique d’un passé révolu ?
Certes pas ! A y regarder de près les énergies existent ! Ici et là des initiatives autour du « faire ensemble » se font jour, nombreuses, rompant par leur envie d’entreprendre autrement avec le contexte de désenchantement dans lequel il serait aisé de se perdre.
Les établissements sont un peu à l’image de ce que traverse l’école d’une manière générale. Les professionnels qui les habitent peuvent tout autant s’abandonner au fatalisme que de s’engager dans une volonté collective d’entreprendre pour faire en sorte que le pacte de cohésion sociale se renforce durablement.
Les établissements sont une formidable expérience de vie où les personnes accueillies peuvent peu à peu se reconstruire positivement pour peu que la volonté politique des dirigeants associatifs mobilise les énergies collectives dans un projet fédérateur dans lequel la créativité et le souci de l’autre soient au rendez-vous.
Les incivilités de quelque ordre qu’elles soient ne sont pas un fatum définitif : chacun d’entre nous peut apporter sa pierre si modeste soit-elle pour les faire reculer. Le « faire ensemble, le souci de l’autre » en participe grandement.
Nous en serons !
Le Président
Francis Bouten