De l’art difficile des réformes…

Le flot immédiat des commentaires et des réactions qui ont suivi les déclarations du ministre de l’Education Nationale, Vincent Peillon, à propos des vacances d’été, témoigne une nouvelle fois de l’art difficile des réformes dans notre pays.
Non pas qu’il ne faille pas prendre le temps des concertations utiles mais force est de constater dans cet exemple comme dans d’autres que la réaction immédiate l’emporte souvent sur le discernement éclairé au nom de la conservation de l’existant. Caractéristique bien française que celle qui consiste à s’enflammer avec un talent consommé face à ce qui est d’emblée vécu comme une régression.
Et pourtant notre pays a besoin de réformes et d’évolutions significatives dans nombre de domaines qu’ils relèvent de l’économie, de l’éducation, des finances publiques où des questions sociétales.
Comment mener à terme des réformes ? Quel est le est le dirigeant qui ne s’est jamais posé cette question devant la nécessité impérieuse de conduire les indispensables changements face aux évolutions d’un contexte qui les lui imposait ? A n’en pas douter la volonté politique prend ici tout son sens. Engager des réformes courageuses ne s’évalue pas à l’aune d’une popularité recherchée. La réforme s’accommode souvent fort peu des complaisances sauf à se voir totalement vidée de sens pour plaire ou céder ici ou là à certains lobbys du moment.
Il en est du ministre de l’Education Nationale dans ce cas précis comme de tout dirigeant : l’art subtil des reformes requiert avant tout un projet politique précis avec des objectifs explicites à partir duquel chacune des parties aura à se situer. Au-delà des divergences d’appréciation et de l’étendue des concertations préalables il lui appartiendra en dernier lieu de décider en toute connaissance de cause.
N’est ce pas ce qui est en jeu dans notre secteur d’activité où là encore les réformes de structures supposent une approche inventive d’un domaine d’activité qui tourne résolument le dos à ses fondements historiques. Ces mêmes fondements historiques qu’il serait inutile d’élever au rang du mythe du paradis perdu. Bien évidemment il ne s’agit pas de nier l’histoire et les particularismes. Chacun sait bien qu’une réforme bien comprise aura dû s’appuyer préalablement sur une pédagogie de l’explication. Mais viendra le temps des décisions et celles-ci ne peuvent se fonder sur le principe de l’unanime adhésion. Alors le dirigeant assumera seul la décision et il en sera comptable devant ses administrés.
Il en va des gouvernants comme des dirigeants : La réforme est avant tout une question de courage politique loin des petits accommodements quand bien même elle serait difficile à conduire !
Le Président
Francis BOUTEN