De l’estime de soi… du regard des autres.

Dans une émission de radio publique récente consacrée au décrochage scolaire des jeunes, tous les témoignages d’expériences en la matière concordaient pour redire toute l’importance de ne pas considérer l’échec comme une fatalité définitive. Etait ainsi relevé au fil des échanges le déficit patent d’estime de soi pour chacun des jeunes concernés. Blessés qu’ils avaient pu être dans leurs parcours personnels par un regard porté sur eux trop souvent négatif.
Au fil des années force est de constater que les choses évoluent lentement dans ce domaine quand elles ne régressent pas…
Et se poursuit ainsi sourdement, parfois avec éclat, encore et toujours cette lancinante spirale de l’échec et du rejet qui relègue de plus en plus de nos concitoyens aux marges d’une société dont on pourrait penser qu’elle n’en a cure si ce n’était l’inlassable et formidable travail des associations.
Rompre avec les processus de marginalisations et de précarisations, permettre à tout un chacun de renouer avec l’estime de soi comme fondement même de toute sociabilité digne ce nom est à n’en pas douter l’essence même de tout projet associatif. En d’autres termes c’est bien la pleine conscience de l’estime de soi reconnue, validée par le regard de l’autre qui ouvre aux chemins de la connaissance, à la créativité et aux évolutions sociétales. Face à une société qui désagrège, disloque les plus fragiles d’entre nous il est du rôle éminent des associations de permettre aux personnes accompagnées de redonner sens au puzzle éparpillé d’une vie malmenée.
Ne pas stigmatiser la différence, les fragilités et les failles, apprendre à trouver à nouveau une place honorable parmi ses semblables sont les points de référence de toute intervention sociale en direction des personnes adultes ou jeunes. Au travers d’un chemin toujours complexe, jalonné de difficultés de réussites et d’échecs mais toujours porté par la volonté ferme et résolue de « la réussite de l’autre ».
A priori quel peut être le trait commun de ce propos avec le débat actuel sur le mariage homosexuel ? Pour ce faire est-ce utile de s’écarter de la morale pour devoir en retenir l’essentiel à nos yeux : à savoir ne pas être discriminant.
Se refuser à la discrimination, c’est-à-dire la mise à l’écart de l’autre c’est accepter sa différence dans tout ce qu’elle comporte de complexités, de difficultés mais aussi d’enrichissements et d’évolutions potentielles.
Quelles que soient les formes juridiques empruntées au final il en aura été du mariage homosexuel comme de la problématique récente des Roms. Quelque chose à voir avec la peur de l’autre différent…
En l’occurrence pour le cas présent, d’une forme de sexualité qui n’obéit pas aux canons traditionnels et qui verrait ainsi le droit la reconnaitre.
Dans ce débat sociétal à l’instar d’autres plus anciens, la sérénité doit l’emporter sur les passions et les caricatures. Là encore la reconnaissance de la différence de l’autre est source de progrès. Ce qui ne signifie pas le laissez faire où l’incurie.
Une société moderne et démocratique se mesure à l’aune de sa capacité à faire et dire le droit au regard des évolutions qui la façonnent progressivement.
Inscrire la différence dans le droit, c’est permettre en définitive que tout groupe social puisse se reconnaître positivement et durablement dans le regard de l’autre.
Quelque chose à voir avec l’estime de soi !
Le Président
Francis BOUTEN