Petites choses de la vie ordinaire…

Il ne pourrait s’agir que d’une banale anecdote tant l’exemple qui suit paraît relever à première vue du Courteline.

Lors d’une délocalisation temporaire d’une ses activités liées à la Protection de l’Enfance à Paris, l’Association a recherché des lieux d’hébergement en locations pour satisfaire à l’accueil de jeunes.

Reconnaissons le : si pour certains propriétaires d’immeubles cela n’aura pas posé de problème particulier, tel ne fut pas le cas pour d’autres où l’égoïsme frileux l’aura disputé au cynisme ; ceci au risque d’aboutir à une ségrégation sociale revendiquée au nom de la garantie « d’un confort bourgeois » !

Citons également cet exemple dans une autre ville, d’un foyer d’adolescents pour lequel l’environnement réclamait avec insistance l’érection d’une clôture haute pour se prémunir de nuisances éventuelles !!! …ou, pour un autre encore, l’entourage immédiat proposait une implantation dans une campagne éloignée…

Elles sont légions ces petites entorses au pacte de cohésion sociale qui pourtant fonde notre république dite solidaire. On pourrait en sourire, se dire par là que c’est un peu inhérent au genre humain et qu’après tout ce n’est pas si grave, qu’il faut en relativiser la portée.

Peut-être.

Toujours est-il que cela traduit aussi l’état d’esprit d’un corps social qui, par ces temps de crises a tendance à se replier toujours plus sur lui-même au mépris de l’acceptation de l’autre et de sa différence.

Les associations dont l’essence même est de contribuer à l’affirmation des valeurs républicaines sont en quelque sorte les vigies attentives de l’évolution de notre société.

Rien ne serait pire que de banaliser ces anecdotes. Il en va de l’avenir d’un modèle de société qui ne saurait se satisfaire de la mise l’écart de ceux pour lesquels la vie n’aura pas été qu’un long fleuve tranquille !!

Personne n’y gagnerait, l’histoire est là pour nous le rappeler.

Le Président,
Francis BOUTEN